Le climat change...

Une récente prise de conscience

> En partenariat avec l'Ifremer, Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer...

Quels seront les effets du changement climatique sur l'océan ?

Image de l'ArctiqueCes dernières années, s'est développée une prise de conscience générale du changement climatique en cours, phénomène à la fois naturel et lié aux activités humaines. Depuis Rio en 1992 jusqu'à Cancun en 2010, les pays de la planète se réunissent pour tenter de trouver des solutions. Entre 1961 et 2003, le niveau de la mer a augmenté en moyenne de 1.3 à 2.3 mm par an, suite à la dilatation des océans sous l'effet du réchauffement et de la fonte des glaces continentales.

Cette élévation présente de forts contrastes régionaux et des variations considérables à échelle décennale. La contribution de la dilatation des océans liée à l'accroissement de la température est estimée à 0.3 à 0.5 mm par an.Les données satellitaires indiquent une diminution de 2.7 % par décennie (avec une incertitude de 0.6 %) de la couverture de glace en moyenne annuelle pour l'océan arctique depuis 1978, et de 2mm par an entre 2003 et 2008.

Si elle se poursuit à ce rythme, la perte de masse des calottes polaires devrait constituer le principal facteur de hausse du niveau marin au 21e siècle.Quelles seront les conséquences du changement climatique sur le milieu côtier.Dans le siècle à venir, le niveau moyen de l'océan pourrait, selon différentes hypothèses, s'élever jusqu'à un mètre.

Les zones côtières seront les premières concernées par ce phénomène, soit directement par l'élévation du niveau de la mer, soit indirectement, par exemple à travers la combinaison de la marée et d'effets de tempête. 10 % des zones côtières européennes ont une altitude inférieure à 5 mètres et 70 millions d'habitants vivent sur les quelques 100 000 km de ces côtes. Avec une pression démographique croissante, ces zones seront donc particulièrement vulnérables.
La modification du régime atmosphérique est appelée à bouleverser la fréquence et l'amplitude des tempêtes, donc la hauteur et la période de retour des vagues les plus hautes, ce qui conduira à des surcotes par endroit supérieures à celles observées aujourd'hui (la surcote est l'élévation du niveau de la mer liée à la présence des vagues et au vent).

Maria maritime devant le port du Havre

Par ailleurs, l'accroissement en température des eaux littorales risque de se traduire rapidement par la modification de la répartition d'un certain nombre d'espèces marines. Les zones d'influence des fleuves subiront également les conséquences des modifications climatiques à travers la modification de leurs débits et ses répercussions.

En 30 ans, la température moyenne des eaux dans le Golfe de Gascogne a augmenté de 1°C. Les caractéristiques physiques des eaux ont été modifiées, ce qui a pour effet de transformer la faune et la flore marine. Le premier changement observé a été l'apparition sous nos latitudes d'espèces qui y étaient inconnues avant les années soixante-dix, considérées comme cantonnées aux régions subtropicales. C'est le cas de plusieurs espèces de balistes, de la sériole, du tassergal, du Saint-Pierre roés, observés pour la première fois dans les années soixante-dix au sud du Portugal, dans les années qutre-vingts au large du plateau du golfe de Gascogne, et à l'ouest de l'Irlande dans les années quatre-vingt-dix.

Banc de sérioles


Autre conséquence d'une variation rapide du niveau moyen de la mer sur les écosystèmes côtiers, les zones humides, dont le positionnement correspond aux plus hautes eaux, pourraient ne pas avoir le temps ni l'espace disponible pour se réajuster, et donc seraient amenées à disparaître un peu plus.

Comme la plupart de ses partenaires de la recherche française, l'Ifremer mène des études sur le changement climatique, plus particulièrement sur les impacts de ce changement sur les écosystèmes et les ressources naturelles.

Pour plus d'informations :www.ifremer.fr

Illustrations : Image de l'Arctique fournie par le capteur satellite SSM/1 en 2006, au moment du minimum (septembre) de surface occupée par les glaces (©Ifremer) - Marais maritime devant le port du Havre (© Ifremer/Olivier Dugornay) - Banc de sérioles (© Ifremer/Marc Taquet) -