La navigation ne sera jamais une affaire de boîte noire - Œuvre du Marin Breton

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La navigation ne sera jamais une affaire de boîte noire
Avec l'avènement du GPS et de la cartographie électronique, un simple coup d'oeil sur l'écran permet de situer le navire. Naviguer c’est pourtant un peu plus que cela, il faut intégrer les principes essentiels qui influent sur la route du voilier et permettent de le situer dans l’espace. Marées, courants, dérives, vent … sont autant de données à prendre en compte pour rester maître de sa route... Les documents nautiques complètent les observations, mais peuvent eux aussi contenir une marge d'erreur à prendre en compte...

L’ouvrage 001FNOA-2004 du Service Hydrographique et Océanographique de la Marine intitulé « l’Hydrographie, les documents nautiques, leurs imperfections et leur bon usage » recense les données soumises à variation.

Avant-propos

1 – Ce fascicule « L’Hydrographie, les documents nautiques, leurs imperfections et leur bon usage » complète « Le Guide du Navigateur ».

Il comporte :

  • des informations sommaires sur les levés hydrographiques, leur précision et leurs imperfections ;
  • des règles et conseils pour le bon usage des documents nautiques ;
  • des indications sur l’emploi du GPS et de la future carte électronique ;
  • une présentation de quelques cas d’accidents maritimes.

2 – … Les propos de l’édition précédente relatifs aux risques de l’emploi sans précaution du GPS ou de la carte électronique de navigation …

…conservent toute leur pertinence alors que l’utilisation de ce type de cartes s’étend rapidement ; mais leur portée a été précisée de manière à exposer clairement les limites des recommandations.

Conséquences des limitations des levés hydrographiques : les marges de sécurité à prendre par le navigateur.

1 – Le pied de pilote doit être de taille raisonnable.

Le pied de pilote ou profondeur sous quille ( en anglais : underkeel clearance) prend d’abord en compte des facteurs liés au navire lui-même : l’accroupissement (squat), l’augmentation du tirant d’eau sous l’effet du pilonnement, du roulis et du tangage. Le pied de pilote prendra aussi en compte des facteurs hydrographiques :

  • l’imprécision sur les mesures des profondeurs indiquées sur la carte,
  • les variations éventuelles des fonds depuis l’époque des levés utilisés pour établir une carte,
  • l’incertitude sur la prévision de la marée astronomique et l’éventuel effet météorologique. On voit immédiatement que la partie du pied de pilote liée aux facteurs hydrographiques sera très variable en fonction des zones fréquentées et de l’époque des levés.

2 – Le navigateur doit passer à une distance suffisante des dangers immergés : la règle du pouce

Nous avons vu que l’imprécision susceptible d’affecter la position d’un haut-fond ou d’une épave peut être importante et qu’un danger peut masquer un danger voisin. Le navigateur doit être, de son côté, conscient de l’imprécision de sa propre navigation. Il tracera, chaque fois que possible, sa route de façon à passer à plus d’un pouce (1) des dangers immergés, à l’échelle de la carte dont il se sert.

Cette règle est un peu sévère dans les approches portuaires qui ont fait l’objet de levés récents.
L’application de cette règle est parfaitement cohérente avec un autre devoir impératif : le navigateur doit toujours se servir de la carte à plus grande échelle disponible dans sa zone de navigation.

Conclusion

…les hydrographes améliorent la qualité de leurs levés, ainsi que la prédiction des marées et des courants et étudient les formes les plus adaptées de mise à disposition des ces informations. Les documents nautiques ne seront jamais parfaits, même si les progrès de l’hydrographie tendent à renforcer leur fiabilité (2). La préparation de la traversée doit reposer sur un examen soigneux de tous les documents pertinents.
Quelles que soient la qualité des informations nautiques et les performances des moyens de navigation, la décision relèvera toujours du sens marin et de l’art lucide de naviguer. Cet art passe par une bonne pratique des moyens traditionnels de navigation, tant pour contrôler les indications de position et de mouvements fournies par les systèmes modernes (GPS, ECDIS) que pour remplacer ces derniers en cas de défaillance.

(1) Le pouce désigne ici aussi bien une ancienne unité de longueur (2,707 cm) que la largeur du pouce du navigateur posé sur la carte !(2) Ne serait-ce qu’en raison du temps qui s’écoule entre un changement et sa prise en compte dans les documents nautiques.

Question : Quelle est la dimension réelle représentée par l’épaisseur d’un trait de crayon de 0,5 mm sur une carte au 1/50000 ?

Cliquez ici pour obtenir la réponse.
Nous vous invitons à télécharger cet ouvrage à l’adresse suivante : http://www.shom.fr/ouvrage/1f/

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